Des réseaux et un centre de ressources agricole et rural

Actualités du réseau Geda


Les Geda du Puy-de-Dôme s’organisent face aux covid-19
Geda du Buron - Geda Maringues Avenir

Les groupes auraient dû entrer en période active en cette fin d’hiver. Malheureusement, la crise sanitaire qui secoue le pays, interdit les rassemblements en tour de plaine.
A l’occasion de leurs assemblées générales, les groupes de développement du Puy-de-Dôme avaient calé le programme 2020 des tours de plaine. Une dizaine de réunions « bout de champ » permet de voir l’évolution des cultures, d’échanger sur les pratiques et d’avoir l’avis du conseiller de la Chambre d’agriculture qui accompagne les Geda. Les agriculteurs répondent présents depuis de nombreuses années à cette formule. Ils sont en moyenne une quinzaine à se retrouver 2 à 3 fois par mois, entre le 1er mars et le 15 juin.

Cette année, il a été également décidé d’utiliser WhatsApp pour communiquer plus efficacement entre les adhérents. Une photo, une question, une remarque et tout le groupe est instantanément au courant, chacun peut alimenter la discussion de son expérience, de ses connaissances et surtout de son humour (il faut parfois ne pas se prendre trop au sérieux).

Ce réseau social s’avère aujourd’hui d’une redoutable efficacité pour échanger, discuter, et surtout rompre l’isolement en ces temps difficiles. Les 39 agriculteurs, inscrits dans les deux groupes privés WhatsApp du Geda du Buron et du Geda Maringues Avenir, sont très actifs depuis le début du confinement. Dans la seule journée du 18 mars, ce sont 150 messages et plus de 20 photos qui ont été échangés.

Mais les échanges vont bien au-delà du groupe, ce sont des copains qui prennent plaisir à se retrouver (virtuellement), à se soutenir.

« A nos limousines… »
GVAF Pierre Buffière

Cette vidéo met en avant l’usage des médecines douces en élevage bovin, sur l’air de la chanson « À nos souvenirs » de « Trois cafés gourmands ». « Comment puis-je les soigner ? Les vaches de mon pays. Nourries sur cette terre. Comme le faisait mon père. Comment pourrais-je faire ? Pour mieux m’occuper d’elles ? Soigner au naturel. Limousines et brebis », chantent ces agricultrices de Haute-Vienne qui s’étaient formées, avec la Chambre d’agriculture, aux médecines alternatives en élevage. « Nous avons répondu à ce concours car nous voulions faire le lien, localement, entre notre groupe et la Chambre d’agriculture. Nous avons suivi plusieurs formations en homéopathie, aromathérapie et ostéopathie en élevage bovin et ovin, c’était l’occasion d’en parler », raconte Marie Allet, agricultrice et membre du GVAF. « J’ai commencé à écrire des paroles sur la chanson du groupe corrézien ‘Trois cafés gourmands’. Puis nous les avons retravaillés avec quelques agricultrices. Chacune a fourni des photos de son exploitation pour illustrer le montage. Et puis nous avons tourné la vidéo où nous chantons le refrain, debout sur des bottes de paille ».

Cette vidéo a obtenu le 1er prix du concours AgriMouv 2020 organisé par la FNGeda et les Chambres d’agriculture.

« Notre groupe est intergénérationnel et composé d’une trentaine de personnes, agricultrices et rurales. Nous sommes très intéressées par les questions de santé animale en élevages bovin et ovin. La fille de notre présidente était préparatrice en pharmacie. Depuis qu’elle s’est installée sur l’exploitation familiale, elle est notre référente sur les questions d’homéopathie. La question de la santé nous intéresse beaucoup. Dans le futur, nous aimerions par exemple suivre une formation sur la kinésiologie », continue Marie Allet. « Cette vidéo a permis de lancer une nouvelle dynamique de groupe ». Voir ou revoir la vidéo

 

Bien-être animal et bien-être des éleveurs
Geda Santé du troupeau

Un groupe d’éleveuses et d’éleveurs d’Ille-et-Vilaine ont travaillé collectivement sur la synergie Sol-Plante-Animal. Dans le cadre d'un appel à projet AEP/GIEE (durant 3 ans), le groupe d'éleveurs et d’éleveuses du Geda Santé du troupeau, en élevage conventionnel, en conversion ou en agriculture biologique, se sont formés aux méthodes d'observation, aux médecines alternatives, à la qualité de l'alimentation... Ils ont vécu des échanges humainement riches durant cette expérience. Un mieux vivre sur les exploitations, un amour du métier et de leurs animaux, des évolutions de pratiques ont permis une meilleure résilience et une diminution drastique des produits antibiotiques. En s'inscrivant dans une agriculture durable, ces exploitants bretons assurent que le bien-être animal et le bien-être des agricultrices et des agriculteurs sont indissociables. Découvrez leurs réflexions en vidéo. Cliquez sur l'image.


« Couvre-toi, il pleut ! »
CRDA Baie

Depuis 2018, ce projet vise à améliorer la gestion des couverts végétaux des sols à l’automne pour réduire les pertes de nitrates vers les cours d’eau. Les groupes de développement de la Baie (Manche) coopèrent avec le SAGE Couesnon Amont et la Chambre régionale d’agriculture. Ce projet concerne les sous-bassins versants de la Guerge et du Loison, en Sud Manche, où nappes et cours d’eau présentent des teneurs élevées en nitrates. Ces deux sous-bassins manchois contribuent de manière significative à l’apport de nitrates en baie du Mont St Michel. L’excès de nitrates est identifié comme responsable de l’eutrophisation de la baie. Elle se manifeste essentiellement par une invasion rapide et très étendue des prés-salés par le chiendent maritime. Les fuites d’azote se font essentiellement en période de « drainage » des sols, c’est-à-dire à l’automne ou entrée d’hiver. Une action couverture des sols portée par les agriculteurs pour capter cet azote « à risque » l’implantation de couverts végétaux a été généralisé sur ce territoire depuis 2012. Mais ce n’est pas parce que ces couverts sont obligatoires qu’ils sont nécessairement bien optimisés. Le projet consiste notamment à mener des « conduites démonstratives » chez quelques agriculteurs. Le projet s’attache aussi à recueillir et valoriser les savoir-faire éparpillés et méconnus, les pratiques que des agriculteurs ont déjà expérimenté « dans leur coin ». L’aspect novateur de ce projet se situe notamment dans la méthode ascendante et démonstrative.

Début mars 2020, une démonstration de différents modes de destruction de couverts végétaux a ainsi été organisée sur le secteur de Saint-James, avec 80 participants. Cette journée a permis de préciser les observations conduites par les agriculteurs testeurs et les résultats obtenus en termes de couverture des sols et d’impacts sur la qualité de l’eau

S’enrichir des pratiques des collègues
Geda 2000

Lors d’une journée visite, les agriculteurs ont beaucoup discuté de leurs pratiques suite aux deux dernières années sèches. Le groupe d’une vingtaine d’exploitants s’est retrouvé mi-janvier pour une journée de visites et d’échanges sur les exploitations de deux adhérents. L’objectif était de découvrir les exploitations et leurs systèmes. Le but était aussi d’échanger sur la récente installation d’un jeune agriculteur, nouvel adhérent au Geda 2000. L’après-midi a été consacrée à la découverte de l’évolution d’une seconde exploitation où l’éleveur a agrandi son bâtiment pour plus de fonctionnalité et une meilleure organisation du travail.

Les deux agriculteurs accueillants ont reçu des conseils de leurs collègues qui, avec le recul de projets récents, ont formulé des recommandations sur les aménagements à faire et les matériaux à utiliser.

Le groupe a prévu de se retrouver prochainement pour une journée sur le thème de l’optimisation fiscale.

Analyser ses façons de travailler
CETA35

Les groupes Lait travaillent sur l’organisation du travail en élevage et testent les Gemba Walk. Il s’agit d’une technique d’amélioration continue (les CETA35 avaient déjà mis en place des formations au Lean Management). Le Gemba Walk signifie littéralement « Là où se trouve la vérité » ou « Là où se crée la valeur ». Quand on met en place une action de Gemba Walk, c’est le top management de l’entreprise (ou les fonctions supports) qui se déplace sur le terrain (dans la production, la logistique...) pour faire un état des lieux, et parler avec les personnes qui y travaillent au quotidien afin de repérer les problèmes pour les aider à les régler.

Dans le Gemba Walk, ce sont les personnes qui travaillent au quotidien là où se crée la valeur, qui vivent les problèmes. Elles les gèrent, les subissent, mais elles ont souvent les meilleures idées d’amélioration pour les éliminer. Transposé en agriculture, lors de ce Gemba Walk, en conditions réelles, un éleveur est observé dans son travail ; le reste du groupe observe pour identifier ses bonnes pratiques et ses points d’amélioration possibles. Les remarques peuvent porter sur des gestes et postures délicates, des risques en termes de sécurité de travail, des postes pour lesquels la charge mentale est trop dense, l’absence de modes opératoires qui permettraient une meilleure pratique au poste…

Eau, biodiversité et agriculture
GDA de la Thiérache

Dans le projet ECLAT, le GDA de la Thiérache expérimente la création d’une instance de concertation territoriale multi-acteurs sur les enjeux eau, biodiversité et agriculture. Ce groupe des Ardennes est aussi intéressé pour tester une MAE collective sur un territoire : comment mieux préserver l’environnement avec l’ensemble des acteurs, tout en maintenant une agriculture productive ? En 2019, le collectif a proposé aux partenaires du territoire des échanges bilatéraux : rencontres avec le PNR des Ardennes et l’association environnementale RENARD (Regroupement des Naturalistes Ardennais) ; invitation de ses partenaires à son rallye Couverts en novembre 2019. Une dynamique territoriale a ainsi émergé : ces trois acteurs ont compris qu’ils ont « un terrain de jeu » commun autour de la biodiversité.

En 2020, les priorités du GDA sont de préparer le remplacement de l’animatrice du groupe, de mobiliser d’autres agriculteurs, de construire un argumentaire sur les bénéfices de la MAEC qui s’est arrêtée en 2019. Le GDA souhaite aussi profiter des compétences de Trame sur l’analyse du collectif, de consolider le partenariat naissant avec le PNR et l’association RENARD, de contacter d’autres acteurs du territoire et d’initier un débat de proximité.

S’initier à la géobiologie
GAD25

Le lancement de la formation sur la géobiologie dans les groupes de développement du Doubs, en 2018, a attiré la curiosité des agricultrices du GAD25. En octobre, 2019, les membres du groupe se sont donc retrouvés pour une formation avec une géobiologue indépendante.
« Depuis bien longtemps, il est connu que les phénomènes géobiologiques ont un impact sur le vivant. La géobiologie se caractérise par des phénomènes naturels, tels que les failles géologiques, les cours d’eau souterrain, mais aussi par des phénomènes artificiels induits par l’homme, tels les ondes électromagnétiques. Ces éléments créent des perturbations sur les végétaux, les animaux et les hommes, sur leur santé et leur comportement », explique Emeline Gambart, conseillère à la Chambre interdépartementale d’agriculture 25-90. « L’objectif de ces deux jours de formation consistait à comprendre ces phénomènes, et parfois arriver à les détecter au travers d’outils de mesures tels que les baguettes ou le pendule ».

Les 12 agricultrices ont fait preuve de curiosité. Après des explications théoriques, elles sont passées à la pratique afin que chacune puisse observer ces phénomènes. « La géobiologie est complexe, elle mêle plusieurs notions (la géologie, les énergies…) qui sont parfois difficiles à saisir. Et chacun est réceptif d’une manière différente ».

Les outils de mesures ont été laissés aux participantes à la fin de stage, chaque agricultrice pourra tester dans son environnement professionnel, sur son exploitation, les phénomènes pouvant influencer le bien-être de leurs animaux (santé, comportement...).

Les producteurs de pomme à cidre échangent en groupe
La Pomme 56

En 2018, La Pomme 56, association de producteurs du Morbihan, candidatait à l’appel à projets AEP de la Région Bretagne. Le groupe rassemble une vingtaine de producteurs, dans des systèmes de production très diversifiés, allant du conventionnel au biologique, rassemblant des producteurs pour la transformation artisanale, industrielle ou en circuit-court. 

Jusqu’à fin 2018, l’essentiel de l’appui technique passait par du conseil individuel au cas par cas et à la demande du producteur. Les échanges entre agriculteurs avaient surtout lieu de façon informelle. Et certains producteurs se retrouvaient, une fois dans l’année, à l’occasion de l’assemblée générale du groupement. Depuis le lancement du projet, les producteurs motivés pour échanger en groupe se retrouvent lors de 5 rendez-vous thématiques annuels et sur des visites saisonnières en verger, accompagnés par un conseiller arboricole à la Chambre d’agriculture de Bretagne, avec l’appui d’un animateur de RésAgri 56.
Dans le Morbihan, tout nouveau groupe technique d’agriculteurs se constituant est historiquement affilié à Rés’Agri 56. Le partenariat entre La Pomme 56 et Rés’Agri 56 s’est également structuré, permettant notamment aux jeunes agriculteurs du groupe d’accéder aux majorations de DJA dans le cadre de la modulation « groupe de développement ».

Se perfectionner en ostéopathie animale
Feminagri

Les agricultrices de ce groupe du Doubs ont choisi de réviser et s’approprier les principes fondamentaux de l’ostéopathie animale. La formation s’est déroulée de manière concrète sur l’élevage d’une des adhé­rentes où des vaches laitières avaient été sélectionnées pour permettre à chaque agricultrice de se perfec­tionner. Les agricultrices avaient suivi une première initiation en 2018. Satisfaites des premières manipulations sur leurs bovins, elles ont souhaité appro­fondir des techniques appropriées à des soins complémentaires sur une pa­thologie détectée ou simplement donner du confort à l’animal. Les agricultrices de Feminagri attachent une importance au bien-être animal. Elles ont d’ores et déjà prévu de se retrouver une seconde journée en 2020 sur un autre élevage d’une adhérente pour acquérir de nouveaux savoir-faire.

Bienvenue les vers de terre
CRDA Manche

260 spectateurs, agriculteurs et grand public, se sont retrouvés le temps d’une soirée, pour découvrir le film documentaire « Bienvenue les vers de terre ». La projection était organisée par le CRDA Manche, Cotentin Réseau Rural et le GIEE « Manche Agriculture de conservation ». En présence de Sarah Singla, agricultrice aveyronnaise et présidente de l’association « Clé de sol » (membre du réseau APAD), François Stuck, réalisateur du film, et Vincent Picot, agriculteur dans la Manche et responsable professionnel du GIEE. L’Agriculture de Conservation des Sols, la lutte contre l’érosion et la force du collectif ont été au cœur des échanges. Le grand public a pu découvrir comment de nombreux agriculteurs se mobilisent pour répondre aux enjeux sociétaux. La soirée avait été précédée par une formation animée par Sarah Singla sur la fertilité des sols et la nutrition des plantes. Une nouvelle occasion de dialogue ville/campagne sera reproposée le 11 juin pour la journée « Cultivons l’Avenir 2020 ».

 

« Femmes en campagne » : le théâtre pour parler des risques professionnels
GAD25

En novembre 2019, les agricultrices du GAD25 étaient actrices d’une pièce de théâtre. Son objectif : sensibiliser sur le quotidien du métier d’agriculteur, avec ses joies et ses difficultés, afin de rebondir sur les risques psycho-sociaux en agriculture. Le projet a été mené conjointement par la MSA et ce groupe de développement du Doubs, aidé par une professionnelle d’une troupe théâtrale.

Le projet a été initié par la MSA Franche-Comté pour traiter du sujet des risques psycho-sociaux par une approche plus ludique que conventionnelle.  Le scé­nario de la pièce de théâtre présente le quotidien de ces éléveuses (amplitude des journées, rythme décalé, place de la femme en agriculture, poids de la charge administrative, équilibre vie privé/vie professionnelle, agri­bashing, défense du terroir…). Pour réussir ce challenge, les agricultrices du GAD25 ont cumulé durant une année complète leur travail quotidien sur l’exploitation, leur vie de famille, mais aussi l’apprentissage des textes et les répétions.

Le groupe a assuré sa représentation fin novembre dans une salle du théâtre comble avec une centaine de spectateurs. Rires et applaudissements ont récompensé ces actrices-qui ont su créer une ambiance chaleureuse leur permettant d’aborder des sujets lourds avec humour. S’en est suivi un débat animé par la MSA sur les risques psycho-sociaux, les facteurs de stress qui peuvent parfois en danger les ex­ploitants.

Se former aux médecines alternatives
Geda de St-Aubin d’Aubigné

Pour gagner en autonomie de décision, en efficacité sanitaire et économique, en bien-être et lien avec le territoire, 7 agricultrices du Geda St-Aubin d'Aubigné (en Ille-et-Vilaine) ont travaillé sur la santé de leurs animaux en se formant aux médecines alternatives. Et elles ont obtenu des résultats sur les 3 volets de l'agriculture durable économique, environnemental et social. Découvrez la vidéo présentant leurs travaux et réflexions

 

S’inspirer des Blondes d’Aquitaine
Agir de Rhuys et Sem’Agri

6 éleveurs de vaches allaitantes sont partis au Pays Basque pour améliorer la conduite technico-économique de leur atelier viande. Ils ont passé trois jours dans le Béarn et le Pays Basque où ils ont rencontré des éleveurs spécialisés. Les éleveurs morbihannais d’Agir et de Sem’Agri a d’abord été accueilli par des conseillers de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques et de Bovins croissance. Le groupe a ensuite rencontré un éleveur en Vallée d’Ossau qui a basé la stratégie alimentaire de son troupeau de 60 mères sur l’autonomie. Ensuite, direction le Pays Basque pour la visite d’une exploitation mixte vaches allaitantes/brebis, puis d’un élevage de Blondes d’Aquitaine.

Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une formation-voyage d’étude agréée par VIVEA. Après un voyage d’études, en 2017 dans la Creuse, pour découvrir des systèmes allaitants de type veaux sous la mère et vente directe, ce second voyage s’inscrivait dans même dynamique : améliorer l’efficacité technico-économique de son système en repérant des éléments transposables sur son propre élevage.

Bien valoriser l’herbe en élevage
Groupe Elevage Econome et Agro-écologique

Luc Delaby, spécialiste du pâturage à l’Inra, et les éleveurs bio ont passé en revue 30 ans d’expérimentation sur la valorisation de l’herbe en élevage. Les échanges à bâtons rompus entre le chercheur et les membres du Groupe Elevage Econome (Cernodo - Oise) ont été particulièrement riches. Parmi les messages forts évoqués par le chercheur, celui d’une technique de pâturage tournant, dite « simplifiée », qui lui semble beaucoup plus adaptée pour gérer un troupeau et tout aussi efficace que les méthodes dynamique ou encore cellulaire et techno-pâturage, dont on entend beaucoup parler en ce moment.

Autre sujet d’échange de cette journée : l’expérimentation de longue durée « Quelle vache pour quel système ? », mise en place depuis presque 14. Il s’agissait d’évaluer l’influence du type de vaches et du niveau des apports nutritifs induits par le système fourrager et la conduite alimentaire sur les performances des vaches laitières (quantité et qualité du lait, reproduction, longévité) et leur évolution au cours de leurs lactations successives ».

L’échange s’est terminé autour des futurs projets de recherche de l’Inra parmi lesquels la nécessaire valorisation des veaux mâles issus de troupeaux favorables au système tout herbe, comme la Jersiaise ou les vaches croisées. C’est aujourd’hui une question essentielle pour la pertinence des systèmes tout herbe.


A la découverte de la géobiologie
Feminagri

Durant 2 jours de formation, les agricultrices de ce groupe du Doubs se sont initiées à la géobiologie et à ses grands principes. La géobiologie étudie les effets de l’influence de l’environnement sur les vivants comme les champs magnétiques, les courants d’eau, les failles géologiques. Avec une géobiologue, les éleveuses ont observé, sur le terrain, différents phénomènes géobiologiques. L’idée est de pouvoir appréhender le principe de la géobiologie naturelle et artificielle sur l’homme et les animaux. Des mises en pratique et des observations ont été réalisées sur le terrain d’une exploitation. Enfin, des exemples pratiques ont été mis en œuvre par la manipulation d’un pendule et d’une baguette, pour recherche de failles et veines d’eau souterraine.

 

"Tu dis quoi ?"
GDAF Bray Picard
Les agricultrices du GDAF Bray Picard (dans l’Oise) ont travaillé avec une comédienne pour améliorer l’efficience de leurs messages. « Pas facile de transmettre aux autres ce que nous voulons exprimer. L’actualité agricole, avec cette sensation de dénigrement et d’incompréhension vécue par de nombreux agriculteurs, indique à quel point la communication ne passe pas toujours », explique Marie-Pierre Crosnier-Vanloot, présidente du Cernodo.

« Pour communiquer court, clair et concis, nous avons étudié les bases de la prise de parole. Nous avons ensuite mis en pratique en réalisant de petites vidéos. Transformées en YouTubeuses pendant une heure, nous avons créé trois "capsules" décoiffantes de 2 minutes pour communiquer sur l’agriculture. Nous avons aussi appris à réaliser une petite vidéo (prise, montage simple et rapide) pendant une demi-journée.

C’était pour nous l’occasion de participer au concours national Agrimouv, organisé par les Chambres d’Agriculture et la Fédération Nationale des Groupes de Développement Agricole, en présentant les actions menées par le GDAF autour de la communication ».
Ce groupe a d’autres projets avec une journée d’échanges sur les « bons tuyaux informatiques » et une formation sur la communication non violente début 2020.

Destruction de couverts végétaux
Ceta35 et Geda35

En Ille-et-Vilaine, le GIEE « Solutions Durables pour le Climat et le Vivant » fédère les groupes Geda Sol Vivant et l’Intergroupe Ceta Semis direct sous couvert. Un essai est mené chez un agriculteur où 5 modalités de couverts sont testées sur une parcelle historiquement en monoculture de maïs. En octobre, le GIEE a organisé une démonstration de différents matériels de destruction des couverts en agriculture de conservation des sols, dans l’objectif de réduire le recours au glyphosate. Lors de la démonstration, les couverts ont été soumis au passage de différents matériels : le rouleau hacheur Treffler TSW constitué de trois rouleaux ; un scalpeur à 13 socs du même constructeur ; l’Ecorouleau Bonnel et un rouleau-crop de Guilbart.

Direction la Suède
Groupe Prospective Laitière d’IDRéA

Après l’Allemagne, l’Irlande, Bruxelles, Guernesey, le Jura, la Suisse, les Hauts de France, les éleveurs du Groupe Prospective Laitière ont mis le cap sur la région de Stockholm.
« On dit que l’agriculture suédoise est la plus propre du monde. Nous sommes allés vérifier durant ce voyage d’études. C’est notre façon de faire depuis 10 ans. S’interroger et voir sur place pour construire notre propre idée, de nos propres yeux », explique Marie-Pierre Racouët, éleveuse laitière bio.

Entré en 1995 dans l’Union Européenne, l’agriculture suédoise a perdu en compétitivité dans un marché devenu concurrentiel. Pour se démarquer, LRF (syndicat des agriculteurs suédois qui défend une agriculture durable et locale) a mis en place des démarches « Från Sverige » (produit de Suède) ; « Krav » le bio suédois et « Svenskt Sigill » (qualité suédoise). LRF se bat aussi, avec l’Interprofession de la viande bovine, auprès des organisations environnementales comme WWF pour promouvoir la qualité de la viande produite dans les fermes suédoises. Selon les responsables de LRF interrogés, la population suédoise a une bonne opinion et surtout fait confiance à son agriculture. Dans les magasins d’alimentation, les rayons de produits agricoles suédois sont très sollicités, tandis que les produits importés (essentiellement d’Allemagne) sont souvent boudés bien que moins onéreux. Si les mouvements végétariens et vegan s’intensifient en Suède, une grande part de la population s’oriente vers une idée forte lancée par LRF : « Si on doit manger moins de viande, mangeons suédois, gage de qualité ! ».

Depuis 10 ans, les éleveurs du Groupe Prospective Laitière d’IDéA vont voir sur place, en France et à l’étranger, si des idées sont transférables sur leurs exploitations : « Le fait de s’intéresser à ce qui se fait ailleurs nous permet de prendre des idées, d’envisager des évolutions ».

 

Enterrer des slips
IdéA et Nov’Agri

Les groupes 30000 d’IdéA et Nov’Agri (Résagri Morbihan) et DEPHY Est 56 de la Chambre d’agriculture ont enterré des slips pour alimenter leurs échanges sur le sol et son activité biologique.

Cette méthode canadienne consiste à enterrer des slips en coton à 10 centimètres de profondeur, puis à observer leur état de dégradation, traduisant l’intensité de l’action de la faune du sol sur la matière organique. En mars 2019, les agriculteurs morbihannais ont ainsi enterré une cinquantaine de slips dans des parcelles de céréales. 3 mois plus tard, ces exploitants se sont retrouvés pour échanger sur leurs observations. L’état de décomposition des slips a suscité de nombreux échanges et questions. Cette méthode est un outil complémentaire des tests bêche et des profils de sol. Les agriculteurs des différents groupes vont poursuivre leurs réflexions car le fonctionnement du sol est complexe. Mais la connaissance de son fonctionnement est un outil primordial quel que soit les systèmes de production.

 

Une démonstration de semis direct
GVA Alençon-Sees

Les membres du GVA d’Alençon-Sees, dans l’Orne, ont organisé une démonstration d’un semoir de semis direct. Cet après-midi a été l’occasion d’observer en conditions réelles le fonctionnement d’un semoir Weaving. Les échanges ont été très enrichissants avec les participants. Pour tous les agriculteurs intéressés par l’agriculture de conservation des sols, lees GVA de l’Orne vont organiser des formations pour se lancer dans ces nouvelles techniques agro-écologiques.

 

Lutter contre l’agribashing
Dfam 03

Les agricultrices de l’Allier ont organisé un agridating contre l’ « agribashing » : l’occasion pour les agriculteurs de mieux faire connaître leur métier et pour les consommateurs de poser toutes leurs questions.

130 personnes ont donc participé à cette journée. Des agricultrices de groupes de développement sont ainsi venues de l’Ain, de la Creuse, de la Haute-Vienne, du Lot-et-Garonne, du Morbihan, du Jura, du Pas-de-Calais, de Côte d'Or et du Puy-de-Dôme.

Michèle Debord, agricultrice dans les Combrailles et présidente de Dfam 03, a d’abord rappelé pourquoi leur groupe a été créé : « Nous nous sommes données comme mission de valoriser le rôle et la place de la femme aussi bien au sein de son exploitation que dans le monde agricole et, au-delà, dans la société globale ». Pour Michèle Debord et ses collègues, il y a urgence à ouvrir les débats et recréer du lien. « L’évènement ‘Tous acteurs d’un Mieux vivre ensemble au cœur de nos territoires’ est un exercice de communication plus que nécessaire pour continuer à s’entendre, à se respecter et à bien vivre ensemble. Hostilité, sentiment de déconsidération, émissions de télévisions à charge, agressions verbales et physiques, perte de confiance voire défiance..., notre métier est en plein cœur des préoccupations sociétales, de santé, d’alimentation, d’environnement, de culture… ».

Dfam 03 a donc proposé une série d’ateliers, d’échanges, de débats et de témoignages pour « qu’ensemble des agriculteurs et des consommateurs se penchent sur le pourquoi et le comment de ce climat délétère, sur l’origine de la rupture qui s’est opérée entre le monde agricole et le reste de la société, tenter d’en finir avec des schémas binaires et réducteurs, de réparer cette fracture irrationnelle et de reconnecter aujourd’hui ces deux mondes ».

La journée a permis aux agricultrices et agriculteurs présents d’expliquer les réalités et les vérités de l'agriculture sur les pratiques, de déconstruire de fausses informations qui circulent, mais surtout de faire partager la passion et la fierté du métier. Les consommateurs présents ont, quant à eux, pu exprimer leurs incompréhensions, interrogations et attentes. Ainsi, une institutrice à la retraite a expliqué : « C'est un sujet passionnant. Je viens parce que je suis une consommatrice qui veut consommer correctement, avec de bons produits ».

Pour combler le fossé qui se creuse irrémédiablement au cœur de nos territoires, quoi de mieux que de recréer dialogue et communication de proximité entre les agriculteurs et les consommateurs ?

La haie, un enjeu pour l’agriculture
CRDA de la Baie

Le CRDA de la Baie et la Chambre d’agriculture de la Manche étaient associés à une journée technique sur la haie, à l’initiative de l’Association de boisement de la haie.

Une soixantaine d’agriculteurs et de jeunes en formation (en lycée agricole et MFR) ont assisté aux témoignages et interventions d’agriculteurs en GIEE et de conseillers techniques. Cette journée a été l’occasion de prendre conscience des rôles des haies pour l’agriculture : avantages techniques et économiques, lutte contre l’érosion, valorisation du bois…

 

Une méthode pour démédicaliser en élevage porcin
Ceta des 2 Vallées

Dans le cadre d’un projet Agriculture Ecologiquement Performante, le Ceta des 2 Vallées s'est lancé dans la démédication. L’idée de départ de ce groupe d’éleveurs porcins d’Ille-et-Vilaine était d’explorer une approche préventive de la santé animale et d’expérimenter des solutions alternatives à l’antibiothérapie en élevage de porcs. Le groupe a donc développé une méthode pour gérer les troubles digestifs post-sevrage, basé sur un autodiagnostic de l’exploitation. 5 axes à risques ont été analysés en période de post-sevrage : logement, lavage, eau et alimentation, confort thermique et conduite. Les éleveurs sont partis du constat qu’il existe une corrélation entre les pratiques et l’usage des antibiotiques. La méthodologie mise en place porte sur un autodiagnostic de l’exploitation (lavage des salles et désinfection, consommation d’eau, confort thermique…). Le diagnostic prend en compte par exemple le protocole défini par l’Institut du Porc pour évaluer la qualité du nettoyage des salles. La méthode demande « de la discipline » de la part des éleveurs. Une dizaine de membres du Ceta des 2 Vallées l’a mis en place en intégralité sur son exploitation. D’autres se sont intéressés à certains points en particulier. Tous les éleveurs s’accordent à dire qu’ils passent plus de temps à l’observation, qu’ils sont plus attentifs ce qui permet de renforcer le préventif par rapport au curatif. Réaliser l’autodiagnostic permet aussi de sensibiliser les salariés des exploitations à l’hygiène et à la biosécurité.

« Le groupe, une belle aventure humaine »
FDGeda Lot-et-Garonne

« Nous vivons en groupe des choses très précieuses et avons plaisir à nous retrouver simplement ! », explique Marie-Ange Rumeau, présidente de la FDGeda du Lot-et-Garonne.

Les représentantes des groupes de développement de ce département se sont retrouvées en juin 2019 en assemblée générale. Marie-Ange Rumeau a accueilli les représentantes des 5 groupes du département par ces mots : « Il y a bientôt 40 ans, je devenais Villeréalaise. Ma belle-sœur m’a invité à participer à une assemblée générale du GVA de Villeréal. C’est ainsi que j’ai mis les pieds à l’étrier (nom de la salle de l’époque) ! A l’époque, il y avait 2 GVA : un masculin, un féminin et un message qui faisait la Une du canton : SOS, notre canton crève ! Ce même village est devenu plus beau village de France l’an dernier. Il se distingue aussi par ses marchés de producteurs de Pays, mis en place par le GVA de Villeréal depuis 19 ans. Vous aussi dans vos groupes, vous vivez de belles aventures humaines ! ».

Chaque groupe a présenté ses activités dont la plupart concernent le bien-être et le développement personnel. Le Ceta de Guyenne développe des actions et formations techniques répondants aux besoins des 70 agriculteurs adhérents. La principale action de la FDGeda, en 2019, est l’accueil des responsables de groupes de l’Ain et de Côte d’Or en septembre. Thierry Pons, délégué régional de Trame, y anime un atelier participatif permettant de mesurer le rôle des actions portées par les groupes et ce que cela apporte à chacun pour mieux vivre son métier. L’atelier abordera aussi ce qui peut contribuer à la cohésion d’un groupe et enfin de ce qui peut faciliter l’implication des jeunes dans les groupes et comment les accompagner pour assurer le renouvellement des forces vives au sein des collectifs. Toutes les participantes souhaitent réussir cette rencontre avec l’Ain et d’autres départements, et savent que c’est une occasion de « mettre le pied à l’étrier » de nouvelles personnes (hommes et femmes) pour lesquelles le collectif peut apporter des réponses à leurs situations professionnelles.

 

Des tours de plaines thématiques
CERNODO

En plus des 7 à 8 tours de plaine par groupe, cette année, trois tours de plaine spécifiques ont été organisés.

Comme chaque année, Philippe Delefosse de l’Institut Technique de la Betterave, est intervenu lors du tour de plaine « Spécial Betteraves » d’avril. Avec l’arrêt des néonicotinoïdes, la préoccupation de cette année portait sur les pucerons et le risque de jaunisse. A la demande des adhérents du CERNODO, un après-midi d’échanges et un tour de plaine sur la technique du semis direct et de l’Agriculture de Conservation ont été proposés, avec la participation de Bruno Schmitt et Sophie Wieruzeski, conseillers et animateurs du groupe Semis direct Avenir 60. Jean-Marie Noël, agriculteur adhérent du groupe Semis direct, a présenté son exploitation aux 25 agriculteurs présents et expliqué comment il en est arrivé à cette technique. Puis, les participants ont découvert, en plaine, les essais mis en place.

De plus en plus d’adhérents se lançant dans la culture de la pomme de terre, un tour de plaine spécifique à cette culture a été organisé en juin. Les participants ont bénéficié des conseils de Benoit Houillez, responsable du Service pommes de terre de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais.

 

Devenir un laboratoire d’idées
GICANO

« Pour utiliser des qualificatifs à la mode, le GICANO souhaite devenir le Think Tank de l’agriculture du nord-ouest de l’Oise ! », explique Marie-Alice Frion, sa présidente.

Né il y a plus de 30 ans de la volonté des agriculteurs du Cernodo de prendre en main l’évolution de leurs exploitations à travers la maîtrise de la comptabilité et l’utilisation de l’informatique, le GICANO (Groupe D’Informatique Et De Comptabilité Agricole Du Nord-Ouest De L’Oise), « groupe historique » de l’Oise cherchait un nouvel élan. La comptabilité et l’informatique sont désormais le quotidien des exploitations et les jeunes, de plus en plus formés, n’ont plus les mêmes besoins, ni les mêmes disponibilités. Le groupe était donc en questionnement. Les responsables du groupe ont donc réfléchi à de nouvelles idées en s’appuyant sur les éléments moteurs de ses membres : innovation, compétences et convivialité. Il ressort des réflexions une volonté d’ouverture et d’élargissement à un public plus large que les adhérents actuels. « Gestion, fiscalité, numérique…, nous avons besoin de diversifier nos actions, ainsi que notre public » explique Pascal Van De Weghe, vice-président du groupe. « Le GICANO s’inscrit dans une stratégie de communication, large et variée, auprès de l’ensemble des adhérents du Cernodo, mais aussi des agriculteurs des autres petites régions et plus globalement de l’ensemble du monde agricole ». Le GICANO veut devenir un espace de réflexion, un laboratoire d’idées. « La qualité de nos réunions et formations, de par les professionnels que nous faisons intervenir, doit bénéficier au plus grand nombre », estime Marie-Alice Frion.

Des nichoirs pour les chouettes effraies
Geda du Montreuillois

24 agriculteurs des Geda du Motreuillois et du Haut-Pays ont installé des nichoirs à chouette effraie à installer sur leurs exploitations. Cette opération a débuté en 2018 dans le Cambrésis : en installant des nichoirs, des éleveurs offrent des lieux de refuge et de nidification aux chouettes. Durant l’hiver dernier, le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement et les animateurs de Geda ont réalisé un diagnostic chez des agriculteurs intéressés par la démarche. Cette opération permet d’aider à la sauvegarde de cette espèce, quand on sait la mortalité de la chouette effraie est de 50% la première année de vie, et que 30% des adultes disparaissent chaque année. Par ailleurs, la chouette effraie est un oiseau nocturne utile pour les agriculteurs car son régime alimentaire est constitué de campagnols, de mulots et de souris. Cette action vise donc à protéger la biodiversité, mais elle participe aussi au renforcement de la lutte biologique contre les ravageurs des cultures. Enfin, en termes de communication, l’installation des nichoirs est accompagnée de l’apposition d’un panneau indiquant la participation de l’agriculteur à cette opération de sauvegarde de la chouette effraie.

 

Le marché du carbone local, une opportunité pour les agriculteurs
CRDA du bocage

Dans la Manche, le GIEE Energie, le CRDA du Bocage et la Chambre d’agriculture étudient l’opportunité d’un marché local du carbone. Le projet vise à mettre en relation les entreprises locales qui souhaitent compenser leurs émissions de carbone liées à leurs activités et les agriculteurs qui séquestrent le carbone dans les haies, les prairies naturelles, les couverts végétaux, les sols…

Un arrêté du 28 novembre 2018 permet aux agriculteurs de répondre à la demande de compensation locale, ce qui n’était pas possible auparavant. C’est une opportunité que souhaitent saisir les agriculteurs du GIEE Energie. Dans la Manche, la Communauté de Communes Ouest Centre Manche est un territoire en transition énergétique. Dans ce cadre, des agriculteurs du secteur se sont regroupés en GIEE pour mettre en place des actions en faveur de la transition énergétique : économies de GNR et d’électricité, autonomie alimentaire, échanges parcellaires, production d'énergies renouvelables et stockage de carbone. Les membres du GIEE ont fait le calcul du bilan carbone de leurs exploitations. Il s’avère positif grâce à la présence d’un kilométrage de haies important, de prairies naturelles, de couverts végétaux. Les adhérents du GIEE Energie séquestrent en moyenne 100 tonnes de carbone additionnel sur leurs exploitations. Leur idée est désormais de se mettre en relation avec les entreprises du territoire pour leur offrir un service de séquestration du carbone et être rémunérés pour cela.

 

Tester pour innover
Geda Sézanne Anglure – Groupe Terres de vers

Des agriculteurs du Geda ont choisi d’échanger sur leurs pratiques en agriculture de conservation. « Un des membres du groupe Aymeric Leprun témoigne en vidéo : « Pour moi, l’agro-écologie, ce sont un ensemble de pratiques et des décisions prises par l’agriculteur ou l’agricultrice qui permettent d’appuyer son système agricole sur tout ce qui biologie du sol, biodiversité et habitats naturels existants sur ces parcellaires ». Pour justifier d’interventions mécaniques ou chimiques, les agriculteurs ont mis en place des observations avec des groupes innovants, comme le Geda Sézanne Anglure et le Groupe 30000 « Terre de vers ». « Tous ces systèmes innovants de limitation de travail du sol, de mise en pratiques au sein d’un groupe permet à tout à chacun d’exposer ses initiatives, ses échecs, ses réussites, et chacun peut individuellement prendre ce qui est bon pour son système ».

Cliquez sur l'image pour découvrir la vidéo.

 

Mieux connaître les groupes 30000
FDGeda de l’Indre

Les groupes de développement comptent environ 450 adhérents, soit 13% des 3500 exploitations professionnelles que compte l’Indre. Lors de l’assemblée générale de la FDGeda, Thomas Cugnière, son président, a rappelé sa volonté d’avoir une représentativité de l’ensemble des groupes du département : GDA, Civam, Bio…. Il est convaincu que le groupe est primordial pour les agriculteurs et en particulier les jeunes. La Chambre d’agriculture met du temps d’animation à disposition des groupes, mais ce temps est limité et il y a toujours besoin de relais, de responsables pour mener les actions attendues par les agriculteurs des groupes. La FDGeda de l’Indre centre son action sur trois priorités :

  • la vie des groupes avec un bulletin d’information sur les actions menée dans les différents groupes et celles de la FDGEDA,
  • la présentation des groupes et des intérêts à y adhérer, auprès des Jeunes Agriculteurs avec des interventions lors des stages d’installation (stage21 heures) et au lycée agricole Naturapolis de Châteauroux,
  • la communication et la valorisation des groupes, avec chaque année un temps fort de rencontre entre groupes : l’alternance se fait entre une journée départementale des groupes et un voyage d’étude ou la participation au Festival des groupes de la FNGeda.

A noter qu’en 2018, une formation des administrateurs, de 2 jours, sur la communication positive sur le métier d’agriculteur et sur la stratégie de communication a permis aux participants de mieux maitriser cette compétence.

Le thème de l’assemblée générale 2019 était centré sur la connaissance des groupes 30000 dont le but est de mettre en place, en groupe, une démarche économe en produits phytopharmaceutiques. Un conseiller de la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire a témoigné de la mise en place de ce dispositif dans un groupe existant ou en créant un groupe nouveau. L’exemple du groupe d’éleveurs AutonHom’I€codurable a démontré tout ce que cette initiative peut engendrer comme dynamique de changement de pratiques et même de système sur les exploitations engagées.

A la rencontre des paysannes du Togo
CERNODO

8 agricultrices du Groupe féminin du CERNODO ont effectué un voyage solidaire au Togo début 2019. Souhaitant appuyer la création de poulaillers par des paysannes du Togo, en Afrique de l’Ouest, les agricultrices françaises avaient accueilli en novembre 2018 une productrice togolaise et un conseiller agricole. Ces premiers échanges ont abouti à l’organisation d’un voyage d’études d’une semaine dans la région de Tsévié. Le séjour a été riche d’échanges sur l’agriculture de ce pays et son organisation. Les agricultrices de l’Oise et les paysannes du Togo ont passé deux jours en binôme dans des villages où elles ont vécu des moments forts : maniement de la houe, fabrication du gari (farine de manioc) et de pâte salée de maïs, nuit dans des maisons de banco (argile)...

 

 

 

Actu du 4 juin 2019

Communiquer sur son métier d’éleveur
FDGeda de la Creuse

« Notre ambition est d’agir ensemble pour montrer notre métier comme nous le vivons au quotidien ». Alain Parbaile, président de la FDGeda de la Creuse, a rappelé l’ambition et la volonté partagée avec les présidents des GDA de mener une action départementale portée par la FDGeda autour de « Comment communiquer sur mon métier d’agriculteur/d’éleveur ? ». Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue au lycée agricole d’Ahun, les présidents et représentants des GDA creusois ont donc échangé sur leurs perceptions de la communication sur le métier d’éleveur et des actions possibles pour améliorer et mieux maîtriser cette thématique. 

« Nous devons apprendre à en parler simplement avec des arguments qui touchent le grand public, faire passer des messages forts. Nous voulons communiquer sur la réalité de notre métier d’éleveur, sur nos pratiques, de façon positive dans le but de s’attirer la sympathie du grand public, des consommateurs. Il s’agit enfin de contrecarrer les attaques vécues sur l’élevage (L214, Vegans, Agribashing…) ».

Sur cette base, Elsa Ebrard et Thierry Pons, délégués régionaux de Trame, ont animé un atelier participatif pour permettre aux adhérents de réfléchir aux moyens d’actions possibles au niveau de l’exploitation, de leur GDA ou au niveau départemental avec la FDGeda. La méthode des tableaux tournants a permis à chacun de réfléchir, discuter, confronter les idées d’actions faisables à chaque niveau et leurs complémentarités. Les idées ont fusé, la « récolte » a été abondante et les discussions animées.

Pendant la partie statutaire, animée par Bruno Simon, chef de pôle de la Chambre d’agriculture, les animateurs de Trame ont réalisé une synthèse des propositions. Après restitution et validation par l’assemblée, chacun était ensuite invité à se positionner comme responsable d’une action, impliqué activement dans sa réalisation ou simple participant. L’exercice a mis en évidence des actions sans responsables, ni personnes impliquées. Selon le principe « Pas de bras, pas de chocolats !», cela questionne sur la faisabilité de ces actions. L’ensemble des propositions doit maintenant murir, être retravaillé à chaque niveau, mais un plan d’action se dégage et engage chacun.

Nul doute que les bonnes idées en graines germeront sur les exploitations, au sein des GDA creusois et au niveau départemental et que chacun peut « faire sa part » pour mieux communiquer et vivre son métier d’éleveur.

Actu du 2 mai 2019

Communiquer sur l’agriculture
Nov’Agri

Depuis deux ans, Nov’Agri, le groupe de développement du secteur de Pontivy dans le Morbihan, travaille sur la communication sur l’agriculture par les agriculteurs. Pour développer leur projet, les membres du groupe participent à différentes formations montées par leur animatrice. En 2018, les agricultrices et agriculteurs de Nov’Agri ont travaillé la prise de parole face à un public, avec une consultante en communication. Pour 2019, 8 personnes ont démarré une nouvelle formation sur la connaissance de soi avec une spécialiste de la pleine conscience appliquée à l’entreprise. L’intervenante a invité les agriculteurs à travailler sur la compassion et la bienveillance, à découvrir l’intelligence émotionnelle. Les stagiaires se sont exercés en binôme à développer des conversations basées sur l’empathie, en passant de l'écoute à la reformulation jusqu'à la recherche de solutions en commun.

Lors de l’assemblée générale du groupe, Christelle Bauché, la présidente, a expliqué : « L’association est une pépinière d’initiatives au service des agriculteurs et du territoire. En 2019, Nov’Agri poursuivra son fil rouge sur la communication pour mettre en valeur la profession auprès des habitants au travers de différentes actions comme des vidéos, des portes ouvertes à la ferme ou une exposition photo itinérante ».

Actu du 16 avril 2019

Comprendre le monde qui nous entoure
GVA de la Terre aux îles

 Le groupe du Morbihan a demandé à un psychologue de décrypter les changements actuels afin de mieux comprendre les nouvelles attentes sociétales.

Ce GVA du Pays de Lorient est un lieu d’échanges entre agricultrices et agriculteurs pour mieux vivre leur métier, le faire connaître au grand public. C’est aussi un lieu pour progresser techniquement et économiquement avec neuf groupes d’échanges et de progrès où les membres partagent leurs expériences et leurs savoir-faire.

A l’occasion de l’assemblée générale, une quarantaine d’agricultrices et d’agriculteurs adhérents ont échangé avec le psychologue Thierry Talhouët. Les agriculteurs se posent des questions sur la société qui les entoure, sur les manières de communiquer avec leurs voisins. Le psychologue leur a apporté des clés de compréhension des comportements humains. « D’une société rurale, axée sur des valeurs familiales fixes, nous rentrons aujourd’hui dans une société dite urbaine, plus individualiste, diversifiée et pressée. De plus, il est important de comprendre que tout individu a sa représentation du monde. Les représentations du monde agricole, véhiculées par les différents canaux de communication peuvent être partielles, orientées ou déformées. Ainsi, les propos tenus par certains groupes de revendications touchent les agriculteurs dans leur identité et inquiètent ».

Avec ces éléments de compréhension de la société et de ses évolutions, les agricultrices et agriculteurs du GVA de la Terre aux îles pourront réfléchir aux actions de communication à développer dans les mois futurs.

Consolider l’autonomie azotée
GDA de la Thiérache

Depuis le printemps 2017, le GDA porte un projet de GIEE sur l’autonomie azotée avec des objectifs de préservation de l’environnement importants, en particulier autour des enjeux eau et biodiversité. Dans l’ouest du département des Ardennes, le GDA (Groupe de Développement Agricole) de la Thiérache regroupe 85 exploitations, soit plus de 150 chefs d’exploitation, sur un territoire couvrant 1/6ème du département. Le GDA rassemble des polyculteurs-éleveurs principalement en élevage bovins lait et bovins allaitants. Animé en collaboration avec la Chambre d’agriculture, le GDA travaille et accompagne les agriculteurs sur des thématiques variées, tant techniques (en culture comme en élevage) que règlementaires ou économiques. Le GDA travaille au plus près les agriculteurs adhérents et répond à une demande terrain qui permet de guider au mieux les agriculteurs dans leurs métiers ainsi que de faire le pont avec la réglementation. En parallèle, des essais et des projets divers et variés voient le jour. Et parmi eux, un projet sur la réduction d’azote sur cultures.

Depuis le printemps 2017, le GDA porte un projet de GIEE (Groupement d’intérêt écologique et environnementale) sur l’autonomie azotée avec des objectifs de préservation de l’environnement importants, en particulier autour des enjeux eau et biodiversité. Avec 3 aires d’alimentation de captage dont 2 sont classées Grenelles sur son territoire, la problématique eau est en effet majeure pour le GDA, à la fois en termes d’érosion des sols, de biodiversité, et de pollutions diffuses en nitrates ou pesticides. Pour y faire face, les agriculteurs engagés dans le GIEE s’orientent vers des changements de pratiques en lien avec l’agriculture de conservation des sols par exemple. Ce système, basé sur la rotation des cultures, la couverture permanente et le travail minimal des sols, permet de limiter l’érosion, les pertes d’éléments nutritifs dans les sols et l’application d’intrants. Parallèlement à ces changements, un travail sur la préservation des haies et des bosquets, ainsi que sur le maintien de l’herbe, est engagé, toujours dans une optique globale de réduction de l’érosion des sols et les pollutions. Pour cela, un travail sur les pâtures et les rations alimentaires des animaux est en cours car de telles orientations impliquent des adaptations dans le mode de production.

En 2018, le groupe a participé à un projet MCDR (Mobilisation collective pour le développement rural) dans le cadre d’une réflexion sur la place des collectifs d’agriculteurs dans les politiques publiques agro-environnementales. Ce projet a permis de choisir le positionnement des collectifs d’agriculteurs comme acteurs et auteurs de ces politiques publiques autour d’enjeux auxquels ils sont confrontés au quotidien.

Aujourd’hui, le GDA continue de mener ses actions et, en 2019, est candidat à poursuivre l’expérimentation en inter-réseaux en participant au projet Eclat.

Actu du 2 avril 2019

Des tests au champ de désherbage mécanique
Geda du Ternois

Fin février 2019, les agriculteurs du Geda du Ternois (dans le Pas de Calais), ont organisé un tour de plaine spécial sur le désherbage mécanique. Avec leurs conseillers de la Chambre d’agriculture, les agriculteurs ont pu tester au champ deux outils (une houe rotative de 6 mètres et une herse étrille de 12 mètres) sur une parcelle de blé semée après betteraves mi-décembre, sans désherbage chimique. Découvrez en vidéo ces tests

 

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