Valoriser le métier

 

"Je vais vous raconter mon métier..."

"Je vais vous raconter mon métier..." est une rubrique de notre Newsletter qui expose chaque mois le témoignage d'un salarié agricole au sujet de son métier.

Vous êtes intéressé par partager votre expérience en tant que salarié agricole ? Ecrivez-nous sur salariesagricoles.oc@laposte.net ou appelez au 05 61 75 41 49.

Ci-dessous les derniers témoignages :

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JE VAIS VOUS RACONTER MON METIER...

 

"Je veux vous raconter mon métier parce qu'il est en mal de reconnaissance"

Par Maxime, salarié en exploitations d'élevage (04/05/16)

Bonjour Maxime, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J'ai 25 ans, je suis salarié agricole pour le service de remplacement agricole du Lot. J'interviens sur une dizaine d'exploitations en élevages bovin lait, bovin viande, ovin viande et palmipède PAG…

Tu as pris part cette année pour la 1ère fois à l'action de valorisation des métiers agricoles, pourquoi avoir eu envie de témoigner de ton métier auprès d'élèves de 3ème ?

J'avais envie de parler de mon métier car je trouve qu'on en parle pas assez et j'ai constaté dans ma vie privée que nos métiers sont mal reconnus de la part des jeunes. Et pourtant, depuis quelques années, les métiers de salariés agricoles agricoles évoluent. Les agriculteurs ont besoin de salariés compétents, capables d'être autonomes, possédant beaucoup de connaissances et qui savent se servir du matériel agricole. L'agriculteur a besoin que l'on puisse le remplacer lorsqu'il n'est pas là pour que le travail soit fait dans les règles. Le salarié d'aujourd'hui doit connaître les priorités de l'entreprise et savoir s'organiser.

Tu es intervenu devant des élèves de 3ème d'un lycée agricole, comment s'est passée ta 1ère intervention ?

Je n'aime pas parler en public et au départ, j'avais peur de ne pas être compris, de ne pas m'exprimer correctement en n'utilisant pas les bons termes. J'ai trouvé les élèves intéressés, j'ai eu plus de questions sur mon métier que l'agricultrice avec laquelle j'intervenais. Avec le recul, je pense que je ne suis pas allé assez au fond des choses pour bien argumenter. Je sais sur quels points m'améliorer la prochaine fois pour faire passer des messages. J'ai trouvé très intéressant d’intervenir devant des élèves qui ne savaient pas ce qu'ils allaient faire plus tard. Mon but était de leur donner envie d'aller vers le métier de salarié et de conserver au maximum ceux qui en avaient déjà l'idée.

Maxime

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JE VAIS VOUS RACONTER MON METIER...

 

Une journée en forêt

Par Michel Marcoul, salarié bûcheron (05/04/16)

Tracteur équipé d'un treuil

Lors de mon dernier article, je vous ai présenté mon travail en forêt dans sa globalité. Dans ces quelques lignes je vais vous parler d’une journée type sur mon exploitation.

Tout commence par les préparatifs matinaux : plein des bidons d’huile et d’essence pour les tronçonneuses. Je m’équipe de mon pantalon ainsi que mes chaussures de sécurité. Départ du siége de l’exploitation avec mon tracteur équipé d’un treuil.

Arrivée sur la parcelle, je m’approche d’un arbre marqué qui doit être abattu dans l’éclaircie programmée. Je détermine le point de chute pour permettre d’enlever le tronc en faisant le moins de dégâts possibles. J’abats mon arbre et ensuite je passe à l’ébranchage.

Suivant la météo, il m’arrive d’abattre durant plusieurs jours mais en général j’abats les arbres le matin et l’après-midi je les débarde. Pour cette opération, j’accroche mon arbre en général entier avec le câble du treuil, je le débarde en veillant à ne pas abîmer les arbres qui restent sur la parcelle. Je le stocke au bord d’une piste forestière où il sera chargé par des camions.

Mon dernier travail consiste à le recouper aux mesures demandées par le client. Il est ensuite cubé (mesure longueur et circonférence). Une plaquette numérotée est posée à la base. Le numéro correspond au cubage du bois pour permettre au client de contrôler le volume indiqué. J’inscris toutes ces données sur un carnet. Le reste des troncs est recoupé en petites dimensions pour la papeterie ou le caissage. Le soir je saisie toutes les données sur l’ordinateur qui me calcule le volume de l’ensemble des arbres.

Une journée bien remplie, ponctuée parfois d’incidents matériels ou climatique.

Michel

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JE VAIS VOUS RACONTER MON METIER...

 

Chauffeur de CUMA après 6 mois : premières impressions

Par Sébastien Issalis, salarié en CUMA (07/01/16)

Sébastien sur un chantier de semi direct de prairie

Comme annoncé dans un précédent témoignage de cette rubrique, je suis novice dans cet emploi. En commencant par la saison estivale cela m’a permis de me mettre en main la totalité du matériel que j’utilise en « service complet » (tracteur +matériel+chauffeur). En ce début d’hiver, je constate que le travail correspond à mes attentes.

J’ai donc commencé avec la presse à balles carrées pour le foin et en suivant la paille avec un gros chantier de pressage de paille dans le Gers où je presse environ 500 ha. Ce chantier s’effectue avec deux collègues d’une CUMA voisine. Une grosse panne du tracteur pendant ce chantier me fait dire que je ne commence pas très bien, mais je ne suis pas la cause de la panne.

Durant l’automne vont s’entrecouper différents travaux en commençant par la presse enrubanneuse qui est un matériel assez spécifique qui demande beaucoup d’attention et d’entretien. Ensuite le broyeur à cailloux permet de relâcher l’attention car on n'est pas grisé par la vitesse, et pour finir, le semoir direct avec lequel on sème principalement de la céréale sur des terrains de causse difficilement travaillables. Entre tous ces travaux ou les jours de météo médiocre, je taille les haies avec l’épareuse.

Maintenant que l’on commence la saison hivernale, c’est le moment de faire l’entretien et le remisage de l’ensemble du matériel de la CUMA avant de passer l’épareuse sur les chemins ruraux de la commune.

Dans ces différents travaux j’ai l’avantage d’être autonome tout en étant en accord avec le responsable de mon planning.

On peut recenser trois périodes de pointe de travail qui sont : le mois de mai avec l’enrubannage, le mois de juillet avec le pressage de la paille et le mois d’octobre pour les semis. Il y a donc quelques semaines avec des heures supplémentaires mais avec du matériel récent et confortable, ce n’est pas insurmontable.

Je vous souhaite mes meilleurs vœux de bonheur et de santé pour l’année 2016.

Sébastien ISSALIS

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La récolte des fruits d'une année de travail réussie

Par Eric Pelrat, salarié en viticulture (08/10/15)

Machine automotrice à vendanger

Travail à la vigne

Depuis mon dernier témoignage dans cette rubrique "Je vais vous raconter mon métier" en juin dernier, l'été a été chaud et sec. La vigne a eu bien besoin de cette pluie pour faire grossir les raisins. Question qualité et production, on peut dire qu'on revient de loin, car cette saison est favorable pour les vendanges.

La récolte, jusque dans les années 80, était faite à la main dans les vignobles de Cahors, ce qui demandait une main d'oeuvre importante. L'organisation des chantiers était quelque chose de compliqué au niveau logistique, tant pour faire cohabiter des saisonniers que pour faire du travail quand il faisait mauvais temps. Aujourd'hui les vendanges à la main ne sont pratiquées que pour donner une belle image du métier et sur de petites surfaces. Cela fait partie du folklore. La grande partie des vendanges se pratique avec des machines à vendanger qui remplacent en moyenne 40 à 50 personnes. Il y a deux types de machines : les automotrices et les tractées. Les premières ont une capacité de récolte plus grande que celles tirées par un tracteur. Je conduis une automotrice, et récolte 30 ha sur le domaine et 10 ha en entreprise. J'arrive à récolter jusqu'à 7 tonnes par heure, ce qui représente 50 hectolitres. La cave coopérative de Parnac fait le vin pour le domaine, et c'est à tour de rôle que les viticulteurs amènent la marchandise. Par conséquent, nous ne travaillons pas tous les jours sur la période de vendange qui s'étale en général sur 3 semaines.

La procédure pour déclencher les vendanges sont les suivantes : sur une parcelle donnée, je dois faire deux prélèvements de 200 baies chacun à sept jours d'intervalle. Ils sont analysés pour mesurer le degré de sucre et l'acidité. Si le deuxième fait au minimum 12 degrés et que l'acidité est basse, alors le travail de vendange se fait quatre jours après, sauf si la météo se dérègle. Un technicien vient visiter la parcelle pour vérifier la qualité des grappes, l'état du feuillage et de l'herbe. La référence pour l'AOP Cahors est de 12 degrés ; en dessous, le vin sera classé vin de pays avec une IGP.

Les rendements de cette année sont de 55 hectohectares pour l'AOP et de 120 hectohectares pour l'IGP. La récolte se fait aujourd'hui à la parcelle et non plus au domaine, ce qui augmente le travail mais aussi, normalement, la qualité de la récolte. Les machines sont de plus en plus performantes sur le plan de la propreté à la vendange, ce qui implique que les salariés qui les conduisent sont des techniciens. Le prix du matériel évolue aussi, à savoir qu'une automotrice vaut 200 000€, et une tractée 50 000€. On ne peut confier ces machines à n'importe qui !

Sur ces mots, je vous souhaite une bonne dégustation et vous dis à bientôt pour une nouvelle tranche de vie.

Eric

 

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Un tournant dans ma carrière

Par Sébastien Issalis, salarié en CUMA (9/09/15)

Sébastien Issalis

Après 17 ans de salariat dans la production de bovins viande, j'occupe actuellement un poste de chauffeur de CUMA.

En effet, après avoir été salarié pendant 8 ans sur une exploitation individuelle avec la responsabilité du troupeau bovin viande, j'ai été ensuite salarié d'un groupement d'employeurs jusqu'à ce début d'année. Ce poste à plein temps était réparti sur 3 exploitations avec pour activités principales la production de bovins viande avec du veau label et les travaux extérieurs liés à cette production.

Au fur et à mesure des années, les tâches que l'on me demande d'accomplir changent, parfois vers des tâches moins valorisantes. Un des membres du groupement va prendre la retraite. Une forme de lassitude dans ce travail s'installe, et je ne vois plus d'évolution possible sur ce poste.

Tout ceci me pousse à entamer une réflexion sur l'avenir de ma carrière professionnelle.

L'élevage bovin viande, c'est quelque chose que je sais faire mais où vais-je trouver un emploi dans cette production ? La production laitière est une éventualité mais le contexte économique n'est pas brillant.

Le fait de déménager pour trouver un nouvel emploi ne m'enchante pas trop.

Je pense même à chercher dans un autre domaine que l'agriculture.

Un jour, j'apprends que le chauffeur de la CUMA voisine quitte le poste pour s'installer.

Cela ne fait qu'un tour dans ma tête, il faut prendre le train quand il passe.

Je ne toucherai plus à l'élevage sur ce poste mais après tout, j'ai quand même un peu d'expérience dans le domaine de la conduite de matériel.

Je décide donc de postuler.

J'occupe ce poste de chauffeur depuis le mois de juin.

Je ne suis pas d'un naturel à changer d'emploi régulièrement mais je pense que pour moi c'est un nouveau départ car je découvre du matériel récent et confortable et de plus en plus technique. Cela implique pour moi de nouvelles formations et donc un nouvel épanouissement.

Je vous parlerai prochainement de ce nouveau poste et de ses technicités !

Sébastien

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La transhumance : une aventure exceptionnelle à vivre

Par Lucien Marsis, salarié en élevage (20/06/15)

Transhumance

Transhumance Transhumance

Transhumance

Transhumance Transhumance

Espédaillac, le 24 mai 2015 : me voilà parti avec mon chien Julie pour trois semaines accompagner en transhumance les 650 brebis du troupeau. Depuis les Causses et la vallée du Lot jusqu'aux volcans du Cantal, la traversée promet des paysages magnifiques et de belles rencontres. Un départ prévu à 17 heures pour aller jusqu'à Sainte Eulalie, un très beau village. La traversée de Figeac nous mène ensuite à Saint-Jean Mirabel où l'on est très bien accueilli et où il fait bon prendre un peu de repos, salvateur pour les brebis et les hommes. Nous nous rendons ensuite à Montmurat, un village à découvrir avec sa vue splendide sur le Lot, le Cantal et l'Aveyron. L'étape à Boisset durera deux jours pour prendre du repos et récupérer 100 nouvelles brebis d'un agriculteur local. Saint-Mamet, Arpajon, Aurillac, Giou de Mamou, Saint Simon où nous prenons deux jours de repos. Puis viendront Lascelle, Mandailles, et Rombières où nous bivouaquerons dans un buron de montagne à 1550 mètres d'altitude. La descente vers le Lioran après 180 km de transhumance est une sensation extraordinaire. Trois semaines où chaque jour, nous aurons fermé les clotures le soir pour les réouvrir le lendemain matin afin de repartir avec le troupeau protégé pour la nuit. Cette expérience m'a bien plu, et m'a fait découvrir un autre monde d'agriculteurs et d'éleveurs qui parle de tous. Cela mérite d'être vécu !

Cette traversée est organisée chaque année par l'association "La transhumance entre vallée du Lot et Volcan cantalien". Pour en savoir plus, visitez le site web.

Lucien

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La nature s'est réveillée et le bûcheron s'est endormi pour laisser place au sylviculteur

Par Michel Marcoul, salarié bûcheron (05/06/15)

Bûcheron dans la forêt des monts de Lacaune

Bûcheron dans la forêt des monts de Lacaune

Je m’appelle Michel et je suis salarié forestier sylvicole dans les monts de Lacaune dans le Tarn, sur un domaine forestier privé de 120 hectares, composé de 80% de résineux (Douglas, sapins, épicéas) et 20% de hêtres.

Depuis le 15 mai, j’ai rangé ma tronçonneuse, de bûcheron je deviens sylviculteur car le modèle de culture et de gestion de la forêt suivie par mon employeur tient compte de toutes les étapes de la nature et le du cycle végétatif des arbres.

Si j’ai choisi de vous parler de mon métier que je fais depuis plus de 30 ans, c’est que je fais un travail passionnant, certes parfois pénible mais très enrichissant et très valorisant pour moi.

La notion de confiance instaurée avec mon employeur fait que j’ai réussi à avoir un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie familiale.

Aujourd’hui tout le monde parle d’écologie, de bonnes pratiques respectueuses de l’environnement, de culture raisonnée. Sur l’exploitation où je travaille, cela se pratique depuis plus de 60 ans. Je m’explique : nous pratiquons à plus de 90 % la régénération naturelle de nos arbres, nous faisons peu de plantations, les coupes rases où tous les arbres sont abattus sont extrêmement rares. Nous abattons les arbres en sève descendante d’octobre à avril.

Marquer, couper, débarder, élaguer, débroussailler, parfois planter, nettoyer, sélectionner, c’est mon travail que j’effectue seul sur le domaine.

Les travaux dangereux, bord roue, lignes électriques sont faits par une entreprise extérieure.

Pour moi la santé et la sécurité sont des notions très importantes en forêt et font partie intégrale de mon travail dangereux et je ne les néglige pas.

Voilà, vous avez hâte de connaître plus en détail mon travail, alors rendez-vous au mois de novembre pour continuer a vous faire vivre mes journées de travail et donner envie à d’autres de faire ce métier.

Michel

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